Fraiseuse à commande numérique
J'ai choisi de vous présenter ici
la fraiseuse à commande numérique que vient de réaliser Bruno. L'idée lui
trottait dans la tête depuis pas mal de temps et il s'est finalement lancé. Je
n'ai apporté ma maigre contribution que pour les problèmes linguistiques et
d'apprentissage des logiciels.
Les heures de recherches passées sur Internet lui ont permis de réunir plusieurs
sources d'inspiration et de concevoir la machine présentée ci-dessous.
Nb : Suite à plusieurs
demandes, je précise que la fraiseuse a été réalisée sans plan. Vous pouvez
toutefois vous inspirer librement des photos si vous le souhaitez.

1- Le cahier des charges
:
C'est le cahier des charges
plutôt ambitieux que s'est fixé Bruno qui a orienté les choix techniques de
chaque élément de la fraiseuse :
- la mécanique
- la motorisation
- l'électronique
- les logiciels
Ce cahier des charges est le
suivant :
- découpe du dépron
- découpe du bois (balsa, contreplaqué, médium, ...)
- découpe de l'aluminium
- découpe éventuelle de l'acier
- découpe de vinyle
- fraisage 3D
- table traçante
- course mini (X, Y, Z) : 1000 x 300 x 150 mm
- précision d'usinage : 0.01 mm
2- La mécanique :
a- le
châssis : les contraintes liées à l'usinage de l'aluminium (voire de
l'acier) imposent d'avoir une mécanique rigide. Pas question alors de la bâtir
en utilisant des règles de maçon en aluminium. C'est donc une structure à base
de tubes en acier qui compose le châssis de la machine ainsi que les chariots
des différents axes. L'ensemble des roulements équipant les chariots sont des
roulements de roller dont le prix de revient est des plus avantageux.
L'assemblage du châssis par points de soudure à l'arc est somme toute assez
rapide (bon je dis ça comme si c'était moi qui l'avait fait mais je crois que
Bruno ne me contredira pas J).
Sur la dernière photo, on voit le châssis posé sur le bac de récupération de
lubrifiant en aluminium.
La surface de travail obtenue est de
1005
x 345
mm et la course utile en Z n'est finalement que de 135
mm pour ne pas compromettre la rigidité de l'axe Y.
b- la transmission : là encore le choix a
été orienté par les matériaux qui seront usinés. La transmission par courroies
manquant de rigidité, c'est donc une vis qui se chargera d'entraîner les
chariots.
Un astucieux système de vis trapézoïdale + roulements (trouvé sur
CNC Loisir) s'est
substitué aux vis à billes dont le coût reste très élevé. Divers calculs et
essais ont été nécessaire afin de trouver la combinaison optimale entre la vis
et le roulement. La solution retenue est une vis d'un diamètre de 16 mm
et d'un pas de 4 mm associée à un roulement type 61805. La
pression sur les roulements par ressort (par opposition à un système rigide)
permet d'absorber les petits défauts de la vis (déformations, imperfections
d'alignement).
3- L'électronique
:
a-
l'alimentation : pas de réalisation personnelle pour cette partie puisqu'il
s'agit d'un ancien chargeur de récupération qui sort une tension régulée de 27
Vdc et un courant max de 10A. Le boîtier de l'alimentation a également été
utilisé pour y intégrer la carte de pilotage des moteurs, le relais de commande
de la broche et tous les connecteurs de raccordement des moteurs et des
auxiliaires.
b- la carte de pilotage des moteurs : il
était initialement prévu d'utiliser la carte
SYSTRIUM mais devant les
difficultés rencontrées actuellement par le fabricant pour la fournir (ou même
pour répondre aux e-mails L), le choix
s'est finalement porté sur une carte 4 axes similaire (le 4ème axe sera sans
doute ajouté ultérieurement sur la machine). Il s'agit de la carte
XS-3525/8S-4 de XYLOTEX,
fabricant Américain également distribué en Europe par
SIMPLY CNC
c- motorisation : les
premiers essais ont été faits avec des moteurs OLIVETTI (voir première photo) dont
l'attrait principal était le prix : 30 € les trois (!). S'ils ont toutefois
permis de réaliser les premiers tests, ils ont très rapidement montré leurs
limites, principalement en terme de couple. Ils ont donc été remplacés par des
moteurs beaucoup plus puissants mais dont le courant restait compatible avec la
carte XYLOTEX (2.5 A / phase). Ils s'agit de moteurs 200 pas / tour type
23LC100-025-8W dont le couple est de 2
Nm (0.6
Nm pour les premiers moteurs). Le gain est flagrant mais les vitesses de
déplacement restaient très décevantes lors des premiers essais. Ce problème sera
abordé dans le chapitre consacré aux logiciels. La configuration a été faite en
huitième de pas (soit 1600 pas / tour), ce qui donne une précision de déplacement
théorique de 2.5 microns.
d- la broche : la solution la plus
économique était d'utiliser une fraiseuse type DREMEL mais celle-ci a été
délaissée au profit d'une motorisation
KRESS de 900 W / 30000 Rpm qui assure une
puissance et une durée de vie bien supérieure.
e- les auxiliaires : cette
catégorie regroupe les équipements supplémentaires nécessaires ou tout
simplement utiles lors des cycles d'usinage :
- aspiration pour la découpe de dépron ou de bois
- lubrification pour l'usinage de l'aluminium ou de l'acier
- 2 lasers dont la vocation est de permettre des prises d'origine pièce plus
aisées (en X et en Y). Ils ont été faits à partir de pointeurs (que l'on trouve
pour 3 € sur un site d'enchères bien connu) qui ont été modifiés afin de rendre
le rayon plus fin.
Les photos seront mises en
ligne prochainement
f- le tableau de commande : on retrouve
ici une prise USB pour le transfert des fichiers sur le PC ainsi que l'ensemble
des interrupteurs de commande :
- mise sous tension générale
- arrêt d'urgence
- validation de la rotation de la broche
- validation de l'arrosage
- validation de l'aspiration
- allumage des lasers
4- La fonction table traçante :
La mise au point d'un système fiable et
acceptant les irrégularités éventuelles de la zone de traçage passait
inévitablement par l'association d'un crayon et d'un ressort. Jusque là rien de
bien complexe mais trouver un crayon pouvant écrire fin, sur divers supports, se
prêtant facilement à ce type de montage et pouvant être guidé avec un jeu quasi
nul a nécessité pas mal de recherche. Et puis un jour, presque par hasard, Bruno
est tombé sur des recharges de stylos STABILO qui correspondaient exactement à
ce dont il avait besoin. Voici à quoi ressemble le montage définitif :
5- La fonction table de découpe de vinyle :
Contrairement au crayon, la pression exercée
sur la lame doit impérativement être constante quelle que soit la course de
l'axe Z. Ce n'est donc pas un ressort mais des poids qui seront utilisés ici
(variables suivant le matériau découpé). Deux roulements uniquement graissés au
pétrole lampant afin d'avoir une rotation la plus libre possible et logés dans
le tube se chargent du guidage de la lame (Ø 2 mm). Le fonctionnement est idéal
et la lame suit parfaitement le tracé, y compris dans des courbes dont le rayon
est < 1mm
6- Les logiciels :
Ce chapitre semblait être, sur le papier, le
plus simple à mettre en oeuvre. Cela s'est avéré beaucoup plus long et complexe
que prévu et nous a valu de passer de nombreuses nuits d'essais et de mise au
point. Détaillons ci-dessous les différents logiciels nécessaires :
a- pilotage des moteurs : le plan initial
était d'utiliser un logiciel du nom de
NINOS. Ce software à l'utilisation très
intuitive a l'avantage de regrouper plusieurs fonctions dont un module CAO 2D
1/2, un module de gravure anglaise et un post processeur. Toutefois le principe
de pilotage des moteurs via le port LPT de l'ordinateur ne neutralisant pas les
interruptions générées par Windows, les vitesses de déplacement ne dépassaient
pas 10 mm/s. A noter que cette vitesse lente est également due à la transmission
par vis qui nécessite une vitesse de rotation des moteurs beaucoup plus
importante qu'avec une transmission par courroies. D'autres logiciels tels que
GALAAD
ont été envisagés mais l'interface série de ce dernier le rendait incompatible
avec la carte XYLOTEX (à moins d'y adjoindre une carte interpolateur qui aurait
inévitablement fait monter la facture). Il fallait donc un
logiciel utilisant une gestion différente du port LPT, ce qui est le cas de MACH
3 de chez
ARTSOFT. Les vitesses de déplacement n'ont alors plus
rien à voir puisqu'il est désormais possible de dépasser les 60 mm/s (la
différence est fulgurante !). La prise en main de ce soft est certes plus
complexe mais ARTSOFT (dont l'équipe est très réactive) met à disposition sur
son site plusieurs outils d'aide dont un forum ainsi et de nombreux tutoriaux
sous forme de vidéo (maîtrise de l'anglais indispensable). C'est également un
produit plus abouti et dont les capacités sont très étendues. Ci dessous
quelques screenshots de MACH 3 :
b- post processeur : le post processeur
est le logiciel qui permet de générer un GCode (ou code ISO) à partir d'un plan
CAO et qui sera par la suite exploité par MACH 3. Ce code, ou programme, est
entre autre composé des coordonnées des différents axes tout au long du cycle
d'usinage. MACH 3 intègre désormais ce type de soft (LAZYCAM) mais les essais
que nous avons pu faire ne se sont pas avérés concluants (version en cours
d'évaluation et qui nécessitera probablement plusieurs mois de mise au point).
De plus LAZYCAM ne permet pas de générer des fichiers d'usinage 3D. Nous nous
sommes alors tournés vers MASTERCAM X dont les possibilités n'ont d'égal que le
temps nécessaire à son apprentissage J
(usinage 2D, 3D, simulations d'usinage, CAO
2D et 3D, ...). Je ne rentrerai pas dans le détail mais il répond totalement aux
besoins et voici quelques screenshots de ce logiciel :
c- CAO : du côté de la conception des
pièces, le choix n'a pas encore été arrêté mais plusieurs logiciels pourront
être utilisés, comme AUTOCAD 2000 LT (qui est certes limité au dessin 2D mais
qui reste simple et rapide d'utilisation) ou encore MASTERCAM X, SOLIDWORKS ou
CATIA pour la conception 3D.
En ce qui concerne les fonctions "annexes" comme la découpe de vinyle, peu de
motifs existant au format CAO (dxf, dwg, ...), il fallait donc trouver un moyen
de convertir une image (bmp, jpg, ...) dans un format exploitable par le post
processeur. Il existe de nombreux logiciels dits "de vectorisation" qui
permettent de générer un fichier dxf à partir d'une image mais les résultats
restent assez approximatifs. Il y en a toutefois un qui, moyennant une retouche
préalable de l'image, donne des fichiers relativement exploitables. Il s'agit de
SCANVECTOR qui est téléchargeable
ici
(click droit : enregistrer la cible sous) dans sa
première version qui permet d'exporter des dxf mais limités en taille.
Si toutefois vous connaissez des banques de dessins téléchargeables dans l'un
des formats de CAO, n'hésitez pas à me le faire savoir
+
J
7- La fraiseuse CNC complète :
Bon je parle, je parle, mais vous n'avez même
pas encore vu à quoi elle ressemblait dans son intégralité cette fraiseuse.
Voici donc quelques photos de la machine terminée (ou presque)
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Voici l'installation à son emplacement définitif |
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8- Les réalisations :
Vous l'aurez compris, la fraiseuse est encore
en phase de mise au point et la "production en série" n'a pas encore débutée
mais j'essaierai de compléter cette galerie au fur et à mesure des réalisations.
Quelques vidéos de sont également disponibles
ici.
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Bon OK elle ne sert à rien mais c'est la première pièce officielle. Ca se fête non ?! |
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Le premier travail "utile" de la CNC a en fait été de la découpe de vinyle pour faire la déco d'un hélico. Le résultat est parfait comme vous pouvez le constater. D'autres découpes bien plus petites ont été faites et la seule difficulté vient de la faible adhérence du vinyle sur son support. |
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Voici une nouvelle réalisation avec la fraiseuse. Il s'agit d'un pupitre en médium pour la nouvelle PCM9XII de Bruno (ce pupitre sera bientôt peint)
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L'avantage avec une CN c'est qu'on peut se permettre quelques fantaisies comme la gravure (sinon vous pouvez toujours essayer avec une Dremel J)
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2 petites photos pour vous montrer le pupitre une fois terminé |
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La réalisation des guignols en époxy pour les avions indoor est devenue un jeu d'enfant ! |
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Voici le premier essai de fraisage dans l'aluminium pour réaliser un support pour le MVVS 215 installé dans le Giles 202 |
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Le support a été réalisé dans une plaque de 8 mm d'épaisseur et le résultat est nickel (dans le 1/100 ème) |
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Autre découpe dans l'alu pour la réalisation d'un support de plaque minéralogique de moto. |
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L'alu a cette fois-ci une épaisseur plus faible : 2 mm |
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Ermax n'a qu'à bien se tenir J |
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Il n'y a pas que le modélisme dans la vie ... |
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Il y a aussi Barbie J |
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Maison entièrement réalisée à la CN dans du contre-plaqué |
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Fraisage dans du médium (toujours rien à voir avec le modélisme !) |
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9- Les liens utiles :
-
CNC loisir : la bible
-
Aeromaniac : pas mal d'infos
- Simply CNC : importateur européen de
Xylotex
- Xylotex : fabricant de la carte 4 axes
-
CNC-Modellbaushop : là où la broche
Kress a été achetée
- CNC Zone : une mine d'infos ... en
anglais
- Artsoft :
logiciel MACH 3
-
Stappenmotor.nl : moteurs pas à pas
- Engraving Majosoft : plein
d'infos diverses
- Cutting Edge CNC :
source d'inspiration pour la découpe de vinyle